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Ceux qui ont volé sur des bombardiers pendant la guerre, se souviennent de la préparation physique et mentale reçue pour exécuter des missions de bombardement.
Seulement, ceux qui ont pris part à ces raids se souviennent du désir secret de ne pas être réveillé, le matin, quand nous devions, une fois encore, nous préparer pour l’inconnu. Nous savions très bien que cette fois-là pouvait être la dernière.
La veille, nous étions prévénus qu’une mission était prévue pour le lendemain, la météo permettant. Une brève note avec la liste des équipages qui devaient y participer était affichée au Club des officiers et à l’état nmajor de l’escadron. Nous cherchions nerveusement pour voir si notre équipage en faisait partie.
Aucune autre indication n’était donnée, ni destination, ni heure de réveil.
Assitôt après l’affichage, l’ambiance changeait radicalement. La jovialité de la soirée avait disparue et nous étions tous conscients de la signification de l’évenement. Ceux qui pouvaient dormir se retiraient immédiatement pour prendre le maximum de repos, nécessaire pour affonter les difficultés à venir. Les autres, ceux qui ne pouvaient pas dormir, écrivaient, lisaient, jouaient aux cartes afin de faire passer le temps plus vite.
Les jeunes équipages qui allaient accomplir leur première mission, attendaient avec une grande trépidation. Ceux qui avaient déjà participé à d’autres raids, voulaient s’en défaire au plus vite. Après tout, le plus vite on aurait fini avec le nombre de missions qui nous était imposé, le plus vite on retournerait à la maison.
Nous ne pouvions choisir ni la cible ni l’heure, alors nous ne pouvions qu’ espérer d’ avoir la chance de tomber sur un “milk run” (mission facile).
Je restais débout jusqu’aux environs de 22h esperant tomber de sommeil. Pourquoi le termps passe si lentement ? D’habitude je dors comme un luron, mais la veille de mission, je ne pouvais pas trouver le sommeil. Très souvent d’ailleurs, on se levait tout trempé de transpiration. Tout le monde comprenait et ne disait mot.
A 3h30, une main rugueuse me secouait par l’épaule en même temps qu’une lampe était braquée sur mes yeux: “le briefing est à 04.30, Monsieur.”
On se levait et s’habillait dans le noir, pour ne pas reveiller ceux qui n’avaient pas de mission ce jour là.
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